Préface de Lila Hervé-Gruyer (Ferme du Bec Hellouin)

Produire tous ses légumes, sa viande, ses oeufs et son lait en travaillant seulement l’équivalent d’une journée par semaine, est-ce possible au Québec ? Oui, comme le démontre le paysan Dominic Lamontagne, qui partage ici tous ses secrets et nous invite à oser la terre.
Choisir de produire soi-même une partie de la nourriture dont on a besoin pour vivre, est-ce encore possible de nos jours, au Québec ? Ne plus acheter de légumes, de viande, d’oeufs et de lait en travaillant en moyenne une journée par semaine (beaucoup en été, très peu en hiver), est-ce vraiment réaliste ? Pouvons-nous envisager de moins dépendre de l’argent ? Oui, c’est possible : il existe une agriculture de subsistance qui n’est ni accablante ni rétrograde, nous dit Dominic Lamontagne dans ce guide d’omniculture responsable. Une agriculture polyvalente, surtout manuelle, que l’on pratique dans le respect de la Nature.
Avec sa conjointe Amélie Dion, l’auteur de La ferme impossible s’est installé dans les Laurentides, au Québec, sur une terre montagneuse, de prime abord essentiellement forestière. Sans investir beaucoup d’argent et sans expérience agricole, ils ont su bâtir, lentement mais sûrement, une fermette écologique capable de leur procurer un niveau d’autonomie alimentaire enviable. Forts de leur expérience de homesteading, ils produisent aujourd’hui plus de deux tonnes de nourriture par année sur une surface d’environ 1 acre (légèrement plus petite qu’un terrain de football américain), en y consacrant 550 heures de travail à deux.
Chaque année, ils récoltent 565 kg de légumes variés (pommes de terre, maïs, tomates, carottes, ail, asperges, concombres, poivrons, aubergines, etc.), la viande de 72 poulets et leurs abattis, 4 000 oeufs, plus de 1 100 litres de lait de chèvre et au moins 50 kg de viande de chevreaux, sans compter les ressources de la forêt. Mais au-delà de la production agricole, leur mode de vie alimente aussi une quête de sens, de savoir-faire et de savoir-être salutaire. Oser la terre leur fait profiter d’une liberté surprenante : celle de ne pas vivre exclusivement dans le cycle de l’argent et de la consommation de masse.
Dans ce livre qui est moins un guide de jardinage qu’un guide d’autonomie élémentaire, Dominic Lamontagne partage tous ses secrets pour bien planifier un projet de fermette à la campagne, tout en se réservant du temps pour soi, sa famille, sa carrière et ses loisirs. Comme quoi avoir une certaine prise sur le monde qui nous entoure peut commencer autour de notre maison.
Lorsqu’on s’occupe à faire soi-même plutôt qu’à acheter l’essentiel des choses qui nous sont nécessaires pour vivre, on n’a plus besoin de gagner autant d’argent. Et quand on est moins occupé à gagner de l’argent, on gagne du temps. Oser la terre, c’est donc oser se donner plus de temps à soi-même. — Dominic Lamontagne
Chez Écosociété, Dominic Lamontagne est l’auteur de La ferme impossible (2015), L’artisan fermier (2019) et co-auteur de La chèvre et le chou (2022). En 2017, il a participé au documentaire La ferme et son État, de Marc Séguin. Il a aussi publié Vivace (Leméac, 2024), un journal de bord sur sa vie d’artisan fermier.
En librairie depuis le 10 mars 2026, 216 pages
Par Écosociété












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